Etudiant en journalisme à Toulouse, Sacha Tisic revient pour Tribune C sur ses déplacements footballistiques en Serbie. Partizan Belgrade, Étoile Rouge, FK Vojvodina Novi Sad, FK Čukarički… découverte d’un pays où la passion est sans limite.

Le Marakana de Belgrade © DR

La Serbie, Sacha Tisic l’a dans le sang. Via son père déjà, mais aussi par le culte qu’il voue au football des Balkans. Quand il ne gratte pas des lignes pour Fudbalski Hram, un site spécialisé dans le foot serbe, le jeune homme de 22 ans parcourt l’ex-Yougoslavie à la conquête de stades. Du Marakana de Belgrade à l’Omladinski Stadion en passant par l’enceinte construite sur un le toit d’un centre commercial du FK Voždovac, le futur journaliste vous fait visiter la Serbie à sa manière.

Quand on parle du foot serbe, on pense directement à l’Étoile Rouge et au Partizan Belgrade. As-tu déjà assisté à l’un de ces derbys ?
Sacha Tisic : Oui en 2012, lors d’une demi-finale de Coupe de Serbie. Le match s’est déroulé au stade du Partizan et l’Étoile Rouge s’est imposée 2 à 0. Mon seul regret est de ne pas avoir su apprécier la beauté de ce spectacle, car j’étais trop jeune. La pression autour de l’enceinte, l’armée de policiers qui s’y trouve, l’ambiance… C’est une expérience à vivre. 

Pourquoi les ambiances sont aussi folles en Serbie ?
C’est un pays où la passion n’a pas de limite. Le pouvoir d’achat n’est pas élevé et il n’y pas 40 000 choses à faire pour se divertir. En Serbie, le football c’est l’opium du peuple. Les gens y vont pour se divertir et pour penser à autre chose. Après, il faut aussi dire que les Slaves ont le sang chaud (rire). 

Un mot sur l’iconique Marakana ?
Ma première fois là-bas c’était pour la réception du Paris Saint-Germain en phases de poule de Ligue des champions (2019). J’avais pris ma place en virage dans la tribune qui peut accueillir 15 000 personnes. Une heure avant le début de la rencontre, le stade était déjà plein. Même si on a perdu 4-1, l’ambiance était extraordinaire. Rien que d’en parler, ça me donne des frissons. Malheureusement en championnat ce n’est pas la même chose.

Pourquoi ?
Peut-être par rapport au prix des places ou par rapport au manque de compétitivité du championnat. Je ne sais pas. Par exemple, j’ai été voir un match du FK Radnički Niš contre le FK Voždovac Belgrade (1-2), il devait y avoir 200 personnes au match et un chant toutes les 60 minutes. Avant de m’y rendre, j’ai regardé une vidéo d’ultras pour me faire saliver, c’était pas du tout la même chose. 

Mise à part l’Étoile Rouge et le Partizan, quels clubs conseilles-tu d’aller voir ?
Il y a FK Vojvodina Novi Sad, le troisième, voire quatrième club de Serbie. Novi Sad est une très jolie ville, la plus belle du pays avec son architecture austro-hongrois. Côté ambiance, c’est pas mal, mais le stade est de plus en plus vide.

«Tu peux aussi donner un billet de 20 euros au stadier pour qu’il te laisse entrer, c’est monnaie courante en Serbie»

Tu penses à d’autres destinations ?
Au TSC Bačka Topola, un club très influencé par la communauté hongroise, dont le Premier Ministre actuel Viktor Orban. Le FK Smederevo, un club de D2 où il y a pas mal d’ambiance. Leur stade est très mignon. Dans la banlieue de Belgrade, il y a le FK Zemun. Un club avec une vraie identité. Je pense aussi au FK Čukarički, l’un des club les mieux gérés en Serbie, et son petit stade de 4000 places à 10 minutes en taxi de Belgrade. On peut aussi évoquer le FK Voždovac et son stade situé au-dessus d’un centre commercial. Il y a juste à aller au point info pour avoir un billet. Et enfin l’OFK Belgrade, un club mythique rétrogradé pour des problèmes financiers.

Les supporters du FK Vojvodina Novi Sad © DR

Est-ce compliqué de se procurer des billets de match en Serbie ?
Si tu veux aller voir un match de l’Etoile Rouge Belgrade contre le Partizan ou en Ligue des champions c’est assez compliqué, car les abonnés prennent généralement toutes les places. Cette année, grâce à ma cousine qui travaille à la chambre de commerce, j’ai eu la chance d’assister à un match de barrage de C1. Ce match entre l’Étoile Rouge et les Young Boys de Berne était un vrai bordel. Le Marakana peut accueillir 65 000 places, pour ce match retour il y en avait au moins 70 000. Les gens passaient sous les portes. Après, si vraiment il n’y a plus de place, tu peux aussi donner un billet de 20 euros au stadier pour qu’il te laisse entrer, c’est monnaie courante en Serbie. Sinon pour les plus petits clubs, il suffit de se rendre au stade et d’acheter son billet.

Quels sont les services proposés par les stades ?
Les buvettes sont sommaires, le mieux c’est de se ravitailler près des stades et manger des cevapi. Ce sont des sortes de petites saucisses qu’on va te servir dans un petit pain.

Cevapi © DR

Quels conseils donnerais-tu à ceux qui veulent réaliser une session groundhopping en Serbie ? 
Le mieux c’est de partir avec deux ou trois petites bases : “combien ça coûte, bonjour au revoir etc..”. En Serbie, les gens parlent peu anglais sauf les jeunes et encore. N’hésitez pas à acheter une carte prépayée pour avoir internet en illimité (environ 1,5 euros). Au stade, il faut parfois éviter de filmer notamment dans les virages surtout quand t’es étranger, car ce n’est pas bien vu.

Pierre-Alain Perennou
@pa_perennou

Crédit photo de couverture : LCI

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